Historique

 

Le Musée des Émaux et de la Mosaïque (MeMo), ouvert depuis 1994, est situé sur le site de production des Émaux de Briare, dans l’ancienne demeure de Jean-Félix Bapterosses, fondateur du produit Émaux de Briare.

Musée de la mosaïque
Musée de la mosaïque et des émaux

L’origine de la Manufacture de Briare

 

Désireux de créer une faïencerie fine, Brisset & Arambre achètent, le 3 août 1837, trois hectares de terres à la Compagnie du Canal. C’est une situation géographique idéale pour l’implantation d’une faïencerie : la ville de Briare est située à proximité de la capitale, elle offre l’accès à un fleuve, la Loire, ainsi qu’à un ensemble de réseaux de canaux. Elle se trouve également à proximité des matières premières et des combustibles.

Assiette de barbier en faïence lithocérane, 1840
Plat de barbier en faïence lithocérame, production de la manufacture Arambre & Brisset, 1840.

Les statuts de la société « Brisset, Arambre and Cie » sont déposés le 5 août 1837 et la manufacture de faïence fine (dite « lithocéramenote ») est créée la même année.

L’usine, moderne, est dotée de fours à houille, puis équipée d’une machine à vapeur dès 1843, soit dix ans avant celle de Gien. Elle utilise aussi des matières premières particulières telles que des argiles à fer oligiste. Cette société en commandite (SCS) est l’une des premières manufactures à être cotée à la bourse de Paris, dès 1838, au milieu d’une dizaine d’autres, dont celles de Saint-Gobain ou encore de la manufacture des Gobelins. Mais très rapidement, en 1841, la faïencerie fait faillite.

 

La Manufacture de Briare et J.-F. Bapterosses

 

A la suite de plusieurs repreneurs qui connurent tous un échec, Jean-Félix Bapterosses décide de faire l’acquisition de la Manufacture de Briare en 1851.

 

Médaillon Bapterosse par Chapu
Médaillon Bapterosses, Chapu

J.-F. Bapterosses (1813-1885), mécanicien de formation, connait un succès industriel fulgurant grâce à la création d’une machine permettant de fabriquer 500 boutons à la fois tandis que les Anglais, premiers concurrents, continuent à produire des boutons à l’unité. Cette invention révolutionne l’industrie du bouton et le bouton de Briare connaît immédiatement un important succès commercial. Fort de cette réussite, J.-F. Bapterosses déménage son atelier parisien à Briare, celui-ci étant devenu trop étroit pour ses 500 ouvriers.

A partir de 1864, la Manufacture de Briare commence également à produire des perles. Très prisées pour leur qualité, les perles de Briare séduisent et sont exportées à travers le monde. Plusieurs ethnies africaines les utilisent dans la fabrication de parures ou d’objets de cultes tandis que les explorateurs en font usage comme monnaie d’échange.

 

C’est peu de temps avant la mort de J.-F. Bapterosses, aux environs de 1885, que le produit Émaux de Briare est inventé. La révolution des Émaux de Briare réside dans leur mode de fabrication et leur très grande qualité. Désormais, les Émaux sont fabriqués « pré-formés ». L’usage d’une marteline (marteau servant à découper les tesselles formant la mosaïque) n’est plus nécessaire. Il y a donc un gain de temps considérable pour le mosaïste, réduisant en conséquent les coûts de production.

"La Mosaïste", E. Grasset, 1893
« La Mosaïste », Eugène Grasset, 1893

 

Après la mort de J.-F. Bapterosses, en 1885, ses gendres prennent sa succession et font de la ville le centre de production des Émaux de Briare. Au même moment, l’Art Nouveau se développe, il met à l’honneur l’ensemble des arts décoratifs et en particulier l’art de la mosaïque.

 

Aujourd’hui encore, la Manufacture de Briare produit et exporte des Émaux à travers le monde entier.

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